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SAUVONS LE BOIS DE BOULOGNE

SAUVONS LE BOIS DE BOULOGNE

Contre le Centre d'Hébergement Allée des Fortifications, Porte de Passy

Roland-Garros : une ouverture sous haute tension pour la Fédération française de tennis

Ce dimanche s’ouvrent les Internationaux de France de tennis, sur fond de contestation du projet d’agrandissement, et d’une enquête du parquet financier.

Alors que son premier tour démarre ce dimanche au célèbre Stade Roland-Garros de la Porte d'Auteuil à Paris, l'édition 2016 des Internationaux de France de tennis s'inscrit, l'air de rien, dans un contexte pour le moins délicat pour son organisateur, la Fédération française de tennis (FFT).

Bien plus qu'une météo qui s'annonce capricieuse - tout au moins pour les prochains jours -, ou les forfaits de Gaël Monfils et du champion suisse Roger Federer, l'une des têtes d'affiche du « French Open » depuis des années, la FFT est tout à la fois confrontée à l'opposition - qui ne faiblit pas - à son projet d'agrandissement-modernisation de son complexe parisien mais aussi à une enquête préliminaire à tiroirs du parquet national financier.

S'agissant du « Nouveau Roland-Garros », le tribunal administratif de Paris lui a adressé un nouveau « passing-shot » en mars en ordonnant la suspension des travaux d'extension du stade dans la partie - sujette à forte mobilisation - des serres d'Auteuil. Les travaux, débutés en octobre 2015, avaient déjà été gelés par une première action en justice. La procédure est loin de s'achever puisque sont attendues non seulement une décision du Conseil d'Etat sur la procédure en référé mais aussi un jugement du tribunal administratif sur le fond, ce dernier étant attendu pour fin 2016.

Au même moment, le tribunal se prononcera aussi sur le fond quant à un recours en nullité du permis de construire de la partie historique de Roland-Garros. Sans parler du contentieux entre la FFT et les héritiers de l'architecte ayant conçu les serres, Jean-Camille Formigé. Dans l'immédiat, la fédération continue de faire bonne figure, ne considérant pas son projet, aujourd'hui chiffré à 358 millions d'euros, menacé. « Que l'on ait le court dans les serres, en 2018 ou en 2019, cela aurait peu d'impact. Le calendrier global, soit l'échéance 2020, n'est pas décalé », assure ainsi son directeur général Jérémy Botton.

Soupçons de malversations et de trafic d'influence

A contrario, ce dernier admet que l'enquête préliminaire, ouverte par le parquet national financier le 19 mars sur des soupçons de malversations et de trafic d'influence, « ne donne pas une bonne image de la fédération ». D'autant qu'elle s'est déjà traduite le 3 mai par des perquisitions au siège de la FFT et au domicile de son président, Jean Gachassin, entre autres.

L'affaire a été lancée par les services de l'Inspection générale du ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, dans le cadre d'un rapport, au préalable de routine, sur la fédération. Les inspecteurs ont fini par saisir le parquet au vu des éléments recueillis. Leur note d'étape, dont « Le Canard enchaîné » a révélé des extraits dès le début de l'année, mettait notamment en cause Jean Gachassin, qui terminera son dernier mandat en février 2017. L'ex rugbyman se fait « plaquer » au motif de revente de billets du tournoi. Mais là où l'affaire se corse est qu'elle concerne aussi les conditions d'attribution du marché relatif au « Nouveau Roland-Garros »... En clair, le vent se lève du côté de la porte d'Auteuil, où se situe aussi le siège de la FFT, alors même que son tournoi planétaire « ne s'est jamais aussi bien porté », aux dires de son directeur général.

Le ministère veille

Son chiffre d'affaires, qui a crû de 36 % en cinq ans et même de 70 % depuis 2007, avoisinait ainsi 200 millions d'euros l'an dernier, précise Jérémy Botton, et ce avec une marge de 75 millions. Une enveloppe qui est consacrée à hauteur de 50 millions d'euros au développement du tennis tricolore, le solde étant dédié à l'investissement dans le Stade Roland-Garros.

En substance, avec l'éventuelle mise à nu définitive de faits délictueux plus ou moins graves, les interférences voire l'enlisement du projet d'agrandissement-modernisation du complexe de la Porte d'Auteuil, censé assurer son futur, la FFT paraît menacée d'implosion.

A ce stade, le ministère des Sports, qui suit de près sa situation, ne fait pas commentaire. « Prudence et fermeté », fait-on simplement savoir au cabinet de Patrick Kanner, où l'on souligne que la « procédure » pouvant découler de cette affaire, pour ne pas dire ces affaires, « peut-être lourde ».

Si la remise du rapport général de l'Inspection générale du ministère sur la fédération est attendu pour la fin juin, de « bonnes feuilles » ont déjà été transmises non seulement au parquet, mais aussi au ministre, et à son secrétaire d'Etat en charge des sports, assure une source bien au fait du dossier FFT.

 

Sources : Article de Christophe Palierse, publié le 22/05/2016 dans Le Monde et sur www.lesechos.fr

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